samedi 30 octobre 2021

SORTIE EN FORET

 Petite sortie en soirée sur la colline boisée d'El Khaloua.

C'est dans cette petite forêt que j'ai appris le gros des leçons sur la faune et la flore de notre région.



Il fut un temps ou c'était un véritable paradis.

On pouvait y trouver des champignons de grande berce qui atteignent un diamètre de plus de 40 cm (pas d'allusion avec la sardine du port de Marseille SVP !) et on trouvait sans trop chercher des nids de mésanges dans les houx au pied des oliviers tout en faisant provision de poireaux des vignes et d'asperges et même d'origan...

Et puis, il y'avait là haut, le mystère que toute forêt doit posséder...

entre des grands rochers tapissés de lichens, une grotte... On l'appelait "ghar edhorbane" (l'antre du porc-épic)...

il ne fallait pas trop s'en approcher pour éviter ses flèches acérées dont on trouvait parfois un spécimen ou deux...

Sur ma photo, j'explique à Nanis et Assou l'usage qu'on fait de la nettayna, khella pour certains, ammi-visnaga en français et dont toutes les maisons possédaient un bouquet d'ombelles à usage de cure-dents avant que nos importateurs n'aillent nous importer des bâtonnets de Chine lointaine...

31/10/2015

mardi 12 octobre 2021

AMEYAS ET LES ANES

 Amyas est comme Papy... Il est passionné par les ânes...

A toutes nos sorties, il faut impérativement marquer l'arrêt à la vue des oreilles de tout Martin et le laisser contempler la bête en silence pendant un long moment et on ne peut l'arracher à cette contemplation qu'avec la promesse de lui faire voir d'autres ânes sur notre chemin...
Et quand nous rentrons, il nous raconte avec force mimiques et dans le succulent langage des enfants des histoires d'ânes qui devraient être passionnantes si on pouvait les comprendre...
Cette photo et ce texte datent d'une année... Amyas aime toujours les ânes et c'est pour ça qu'il préfère venir chez moi au lieu de rester avec sa soeur, son frère et ses parents à Alger... (j'espère que vous n'irez pas interpréter cette phrase comme elle peut le suggérer)...
Amyas a un an de plus et durant une année un enfant apprend beaucoup de choses... il est aujourd'hui apte à formuler des phrases très intelligibles et chaque soir quand rougit l'horizon, j'entends la même supplique: "eddini n'chouf l'âne !"...
Je ne peux toujours résister à cette innocente requête et j'embarque Amyas pour un tour à travers les chemins vicinaux et quand surgissent deux oreilles et une tête placide avec de grands yeux tranquilles, j'éprouve tout le bonheur du monde en voyant Amyas regarder la bête avec cet émerveillement qu'on ne peut lire que dans les yeux des enfants...
12/10/2017


vendredi 8 octobre 2021

LES FOURMIS AILEES

  Il est déjà 7h20, sans en avoir l'air...



C'est l'automne. Les fourmis ailées ont été libérées après la pluie d'hier et ce sont les moineaux qui festoient.
Pour moi, fils de paysan, élevé au contact de la terre, la sortie du "berrik" des "m'dinette" a toujours représenté une sorte de fête et hier quand j'ai vu la terre parsemée d'ailes luisantes, j'ai eu un sacré coup de nostalgie.
Elles sont de deux sortes, les fourmis ailées: les grosses noires luisantes qu'on appelle "berrik" et les petites appelées "chalwaw" ou "chla3waw"...
Elles sont libérées des fourmilières pour ne pas dire chassées dans une grande effervescence et je présume que dans le petit monde des fourmis, le cérémonial doit être très coloré.
Elles sortent toujours après la pluie et on devine pourquoi... c'est pour pouvoir trouver la terre meuble afin de pouvoir y enfoncer leur gros derrière portant leurs oeufs pour les y déposer 3ala barakati Allah... après s'être arrachés les ailes d'un coup de pattes afin de ne pas gêner la ponte...
Ayant accompli le devoir de perpétuation de l'espèce, la fourmi continue à errer en solitaire jusqu'à ce que mort s'ensuive...
Nous n'hésitions pas à faire provision de ces fourmis pour en user comme appâts dans nos pièges à ressorts.
Pour pouvoir en disposer le plus longtemps possible, nous les enfermions dans un étui appelé "djqaq" que nous fabriquions en férule (grande berce) que nous appelons "kalkha" ou tout simplement en roseau ou, pour les oiseleurs attitrés, en corne de mouton fermée avec un bouchon de liège ou de férule... on y mettait un peu de terre et le réservoir d'appâts pouvait nous tenir une dizaine de jours...
Nous les utilisions comme appâts pour attraper les moineaux (ezzawech) mais aussi les grives (el mergou) et les étourneaux (ezzarzour) ainsi que pour les rouge-gorges (el 3azzi), les rouge-queues (h'meyma) mais aussi et surtout pour le motteux (ennou3aidj) et le bruant des prés (edhorraiss)...
Voilà, vous savez tout des fourmis ailées... je ne sais pas à quoi cela pourrait vous avancer mais je trouve que c'est plus sain que de suivre les tribulations des Haddad et Rebrab...
9/10/2015