jeudi 24 août 2017

SENNAYRIA


ESSENNAYRIYA... La Carotte sauvage.

Elle colonise toutes les terres argileuses laissées en jachère.
L'ombelle d'un blanc éclatant porte en son milieu un petit point rouge; c'est ce qui distingue cette plante de la célèbre ciguë dont fut victime Socrate.

Sans connaître l'histoire du philosophe ni le moyen de distinguer les deux plantes, nous en mangions la racine avec délectation même si elle n'était ni aussi charnue ni aussi sucrée que celle de la carotte commune.

L'ombelle qui étalait sa splendeur immaculée au printemps n'a pas pu résister aux grosses chaleurs de l'été; elle s'est recroquevillée pour donner une boule ressemblant à un nid d'oiseau.

Les graines y seront au chaud et à l'abri des oiseaux et des insectes jusqu'au moment propice où le vent viendra les libérer pour les transporter loin de la plante mère... à l'intérieur du nid vit une petite araignée; je l'ai trouvée dans chaque ombelle que j'ai ouverte.

Elle doit, pour payer le gîte, protéger les graines contre la voracité des insectes, donnant toute la mesure de la collaboration entre plante et insectes pour les besoins de la survie des espèces.

Essennayria est certainement une lointaine cousine de l'Ammi-Visnaga (Visnage) que nos voisins marocains appellent "Khella" et que tous les paysans d'antan connaissent pour avoir utilisé les bâtonnets de son ombelle comme cure-dents...

On l'appelle "Nettayna"1, peut-être à cause de sa très forte odeur qu'elle exsude surtout dans une sève couleur miel qui se dessèche et forme des croûtes translucides...
Entre les deux plantes "y'a pas photo" tant la première est rugueuse et velue et la seconde propre et lisse, comme si on lui avait passé une couche de vernis...

On ne connaît pas de grande utilité à la carotte sauvage que dédaignent même les moutons; on sait seulement que c'est un puissant diurétique capable de vidanger les vessies les plus récalcitrantes... Douze nids d'oiseau dans de l'eau à faire bouillir... filtrer, boire à volonté... on

dit qu'avant de terminer le breuvage, tout sera rentré dans l'ordre et on pourra dire "ça va !"2

(1)- Nettayna pourrait provenir de "natinn" un terme qui veut dire putrescent, putride, sentant mauvais...
(2)- l'expression "ça va !" remonte, dit-on, à l'usage des purgatifs qui étaient considérés comme essentiels pour la santé... "ça va !" reviendrait à dire que le problème de transit est réglé...
24/8/2012

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