lundi 21 décembre 2020

CHIENS QUI ABOIENT

 Il etait 17h55 quand je suis rentré des champs en empruntant cette fois un autre chemin que celui du gazoduc...

Je n'avais pas préjugé de la rapidité avec laquelle tombait la nuit et je me suis laissé aller à mon plaisir de marcher sur les herbes mouillées de rosée et j'ai longé la ravine qu'on appelle "ch3ab ettolba" (ravines des talibans si vous voulez), pour rejoindre le chemin vicinal qui me conduirait au village.
Ici, les herbes des terres en jachère sont déjà assez hautes et vous devez suivre un sentier étroit en faisant attention ou vous mettez les pieds car une glissade est toujours à craindre...
Deux bâtards ont voulu signaler à l'intrus que j'étais que je n'avais rien à faire en ces lieux à cette heure indue...
Sachant que chien qui aboie ne mord pas, j'ai continué ma route comme un caravanier placide devant des humeurs canines...
J'ai lu dans un livre de Henri de Monfreid que pour se prémunir contre une attaque des pires molosses, il existe une très efficace méthode: celle de se mettre à quatre pattes quand ils montrent de sérieuses envies de mordre...
L'auteur explique que les chiens qui se retrouvent face à ce quadrupède, mi homme, mi bête, sont pris de panique et se sauvent, la queue entre les pattes...
J'avoue que je ne suis pas très sûr que j'aurais appliqué cette méthode... D'abord parce que les chiens d'aujourd'hui, on ne la leur fait pas aussi facilement... Et puis, je ne sais pas ce que le village dirait de moi si quelqu'un me voyait faisant face à des chiens, à 4 pattes, en grognant... Pour moins que ça des villageois ont du s'exiler !
22/12/2018

dimanche 20 décembre 2020

LES GLANDS

 El ballout. Les glands. C'est la saison.

Ce n'est pas donné quand même ! Plus cher que la clémentine qui fait 80 da et presque aussi cher que la banane qui fait un si long voyage de la plantation à l'océan puis de l'océan à la mer puis de la mer à la chambre froide puis de la chambre froide aux bordures des routes pour se faire vendre à bord des camionnettes à 120 da le kg...
Mais c'est vrai qu'il est plus pénible et plus risqué de cueillir un kg de glands dans nos montagnes que de disposer en fin de parcours d'un régime de bananes.
J'en ai achetés hier de Kadiria. Le vendeur a été honnête: "je ne garantis rien... Je les ai ramassés d'arbres différents... Il se peut que vous en trouviez qui soient amers"...
Qu'a cela ne tienne ! L'amertume devient vite douceur si ont prend la peine de laisser bouillir les glands dans de l'eau, de préférence salée ou si on les jette dans le kanoun ou le nafakh.
Faut juste faire attention aux éclats. Bsahetkoum !
21/12/2016

lundi 14 décembre 2020

ART DIVIN

 A chaque crépuscule nous sommes gratifiés d'une belle toile qu'un maître de la peinture dessine devant nous en mélangeant les couleurs avec un art...divin !...




Une oeuvre vivante que nous avons intérêt à fixer du regard pour jouir de ses facettes changeantes car avant de ranger sa palette, le maître effacera Sa toile pour la préparer à recevoir une autre oeuvre qu'Il peindra au petit matin en usant de toutes les nuances du feu et de l'or sur fond azur...
14/12/2019

samedi 12 décembre 2020

OIGNONS

 J'ai fait ce matin le marché hebdomadaire de Kadiria... J'y ai rencontré l'ami

Abderachid Toutah

et son cousin Mohamed, vieux fossile mais qui tient toujours la route...

J'ai fait provision de blé dur et d'orge à semer et j'ai acheté deux belles bottes de plants d'oignons.
L'oignon devient problématique... Le gros des plants est ramené de BBA mais des voyous ont sali le marché en vendant des plants "mâles" qui, au lieu de développer le bulbe, consacrent toute leur énergie à développer la tige florale... Résultat, ces oignons ne peuvent être mangés qu'en feuilles car leur bulbe est atrophié.
J'en ai fait l’expérience l’année passée... Avec mon ami Bacha nous avions acheté une bonne quantité de chez un jeune bordjien qui nous avait paru sympa et qui vantait haut et fort sa marchandise...
Nous n'en tirâmes aucun bon bulbe, chacun dans son jardin...
La semaine passée j'en ai acheté de Boudouaou... il y'avait beaucoup d'oignon de BBA mais j'ai préféré en chercher d'une autre provenance... Un des vendeurs m'assura que le sien venait de Bouira... j'en ai acheté et je l'ai planté deux jours plus tard...
Aujourd'hui je me suis dit que je ne perdrais rien à prendre encore deux bottes profitant du fait que la circulation des camions était interdite pour cause de vote et qu'ainsi l'oignon bordjien n'allait pas rentrer au marché...
J'avais vu juste... dans tout le marché il n'y avait qu'un seul vendeur ... Il m'a assuré que sa marchandise venait de Ouled Moussa, l'incontestable fief de l'oignon...
J'en ai acheté encore deux petite bottes et vous me voyez en train de le préparer...
J'ai retenu la méthode en voyant faire mon père et mes oncles il y'a longtemps...
D'abord débarrasser les plants de leurs racines en les coupant à ras du bulbe... ensuite couper les feuilles juste un peu plus haut que la naissance des nouvelles feuilles et enfin prendre la botte et taper les bulbes contre le front de l'enfant à plus grosse tête qui se trouve à votre portée... On dit que les bulbes sauvegarderont dans leur mémoire interne le calibre de cette tête et feront tout pour la surpasser...
Vous n'allez certainement pas croire à ce truc... je le sais car je vous connais d'un scepticisme très algérien... J'en veux pour preuve que même en vous montrant Ouyahia et Sellal menottés, vous avez continué à cligner de l'oeil en hochant la tête avec votre sourire assassin et en disant: "yaw itabtab... el barah chafouhoum; wahed fi Geneve ou lakhor fi Bruxelles !"

CAROTTES ET CHAMPIGNONS

 Hier, aux dernières heures du jour, j'étais a Remada... La météo prévoyant pour aujourd'hui un épisode pluvieux, je m'étais dit que j'aurais tout à gagner en semant mes carottes parce que si la pluie est trop importante, les carottes seraient cuites pour mes carottes...


J'ai donc profité de la praticabilité du chemin qui mène au champ en attendant qu'il redevienne un bourbier digne de Verdun, pour m'y faire conduire par mon berlingo...
J'ai adopté le principe de Bacha qui dit que quand tu te mets à accomplir une quelconque tâche, tu te dois de te fixer un objectif quantitatif ou horaire et ne pas naviguer à vue comme nos gouvernants, nos industriels, nos maires, nos commerçants, nos maîtresses de maisons etc qui croient que prévoir c'est perdre son temps en conjectures car l' aléa est toujours plus présent que la donne "cernable"...
Pour ne pas me faire tromper par une prévision, j'en ai établi 2... La 1ere c'est de n'arrêter qu'à l'appel du muezzin qu'on entend aujourd'hui de partout et de très loin... La seconde c'est de ne rentrer qu'après avoir semé deux carrés de 4m x 3m chacun (je sais que ce sont des rectangle mais comme tout jardinier qui se respecte je les appelle "carrés" fussent ils des losanges ou des triangles)...
Sachant à quoi je devais m'en tenir, j'ai pu doser mes efforts en rationalisant mon temps et j'ai pu accomplir mon programme avec au moins 10 minutes d'avance...
J'ai exploité ces 10 minutes dans le ratissage de notre champ à la recherche des champignons... Je fus comblé car malgré la pénombre qui commençait à s'installer, j'ai réussi à ramasser tous ces bons champignons que vous voyez et qui ont fait mon dîner...
13/12/2018