Il etait 17h55 quand je suis rentré des champs en empruntant cette fois un autre chemin que celui du gazoduc...
Je n'avais pas préjugé de la rapidité avec laquelle tombait la nuit et je me suis laissé aller à mon plaisir de marcher sur les herbes mouillées de rosée et j'ai longé la ravine qu'on appelle "ch3ab ettolba" (ravines des talibans si vous voulez), pour rejoindre le chemin vicinal qui me conduirait au village.
Ici, les herbes des terres en jachère sont déjà assez hautes et vous devez suivre un sentier étroit en faisant attention ou vous mettez les pieds car une glissade est toujours à craindre...
Deux bâtards ont voulu signaler à l'intrus que j'étais que je n'avais rien à faire en ces lieux à cette heure indue...
Sachant que chien qui aboie ne mord pas, j'ai continué ma route comme un caravanier placide devant des humeurs canines...
J'ai lu dans un livre de Henri de Monfreid que pour se prémunir contre une attaque des pires molosses, il existe une très efficace méthode: celle de se mettre à quatre pattes quand ils montrent de sérieuses envies de mordre...
L'auteur explique que les chiens qui se retrouvent face à ce quadrupède, mi homme, mi bête, sont pris de panique et se sauvent, la queue entre les pattes...
J'avoue que je ne suis pas très sûr que j'aurais appliqué cette méthode... D'abord parce que les chiens d'aujourd'hui, on ne la leur fait pas aussi facilement... Et puis, je ne sais pas ce que le village dirait de moi si quelqu'un me voyait faisant face à des chiens, à 4 pattes, en grognant... Pour moins que ça des villageois ont du s'exiler !
22/12/2018