J'avais 13 ans quand j'ai été recruté au Comité de gestion du Secteur Socialiste Agricole en compagnie de 17 enfants de mon âge pour la cueillette des amandes à Ben Haroun, à 5 km de chez moi.
Il me fallait du piston et j'en avais en la personne du président dudit comité de gestion qui était un cousin maternel de mon père.
La campagne avait duré 10 jours. Nous partions à 6h pour rentrer à 16 ou 17h.
Ma mère se levait plus tôt pour me préparer mon petit déjeuner et me mettre mon déjeuner dans un panier en doum. Une galette "emmaillotée" dans une serviette et une soupière contenant selon les jours, des frites ou une tchektchouka et l'inévitable oignon... Parfois des figues ou des olives maison.
Un chef de chantier nommé Benaissa nous faisait travailler d'arrache-pied. Nous partions sur une remorque de tracteur pneumatique qui brinquebalait sur la piste et revenions le soir sur la même remorque, assis sur les sacs en jute remplis d'amandes.
Nous pouvions en manger sur les lieux mais il nous était interdit d'en prendre même dans nos poches.
Ce fut ma première expérience de travailleur salarié.
Nous étions payés a 4.20 Da par jour. Quand on me remit mon pécule mes parents me laissèrent 2 Da et prirent les 40 Da qui leur servirent à acheter de quoi remplir le panier et assurer la taoussa d'usage à l'occasion de la circoncision de mon cousin Tahar...
Les amandiers de Ben Haroun sont toujours là, mais le "comité" ayant été tué par les hauts stratèges de notre agriculture qui ont réduit à néant nos capacités productives à coups de "haikala" et "i3adat el haykala", il n'en est reste que des arbres rabougris qui ne donnent rien ou presque rien...
15 Mai 2015
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